Historique







 

 

 

 

1. L’éléctrification de la Nièvre

Les communes de la Nièvre sont pour la plupart rurales : 293 communes sur 313 sont concernées par le régime d’électrification rurale.

Au début du siècle, le terme de service public était loin de revêtir le même sens qu’aujourd’hui : l’électrification de la Nièvre s’est faite avant tout pour répondre aux besoins des industries et plus particulièrement des aciéries d’Imphy, des forges de Guérigny, des usines de Fourchambault et des mines de La Machine. Ce n’est qu’à partir des années 30 que l’électricité pour les populations devient une priorité.

A sa création, la première mission du SIEN fut d’alimenter les 15 % de Nivernais qui ne recevaient pas encore d’électricité, puis d’apporter toujours plus d’électricité au fur et à mesure que les besoins augmentaient.

Depuis 54 ans, les choses ont considérablement évolué : nous sommes passés d’une logique quantitative, de l’électricité partout, à une logique qualitative, moins de coupures, moins de baisses de tension et des lignes plus discrètes, mieux intégrées dans l’environnement.

Aujourd’hui, à l’heure de l’informatique et des télécommunications, on ne peut pas envisager de développement rural sans une électricité de qualité et de maintien des populations à la campagne sans un confort équivalent à celui des villes.

Au même titre que l’eau, l’électricité conditionne le développement et le succès des initiatives en milieu rural : aujourd’hui l’informatisation des entreprises, la mécanisation de l’agriculture, demain le télétravail, impliquent la disparition des coupures et micro coupures.

Ces besoins qualitatifs sont tels que l’électrification rurale nécessite des investissements croissants.

Infrastructures concédées :

13 000 postes sources (63 000 / 20 000 volts) desservent la concession et alimentent :

  • 5 745 km de réseaux haute tension
  • 6 146 postes de transformation haute tension / basse tension
  • 4 452 km de réseaux base tension

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2. L’éléctrification rurale: l'emergence de la solidarité entre communes

L’électrification a fait apparaître d’énormes différences de tarification dès ses débuts : les zones desservies les moins peuplées devaient supporter les mêmes charges de distribution que les zones urbaines.

Ainsi, en 1934, le prix du kWh variait dans un rapport de 1 à 10 suivant que l’usager habitait une zone agglomérée ou une zone rurale.

Le principe d’égalité de traitement des usagers quelle que soit la situation de leur domicile, n’était pas assuré.

Au milieu des années 30, le gouvernement décida de rééquilibrer les tarifs et d’encourager les investissements en faveur des communes rurales. Le 31 décembre 1936, le Fonds d’Amortissement des Charges d’Electrification, le FACE, fut créé afin de subventionner le développement des réseaux ruraux dans les campagnes.

Alimenté par le budget de l’Etat et par les taxes sur l’électricité, plus élevées dans les villes que dans les campagnes, le FACE remboursait les communes d’une part très importantes des charges dues aux emprunts qu’elles contractaient pour construire leur réseau.

Sans ce système de péréquation, basé sur la solidarité nationale et l’égalité de traitement de tous les citoyens, des départements comme la Nièvre n’auraient pas connu le moindre début d’électrification des populations avant la seconde Guerre Mondiale. C’est un outil irremplaçable d’aménagement du territoire.

L’électrification rurale, par rapport aux zones urbaines, c’est, pour un même nombre d’habitants :

  • 18 fois plus de surface à desservir
  • 7 fois plus de lignes à construire
  • 4 fois plus de transformateurs à mettre en place


3. La création du SIEN

L’électrification, depuis ses débuts, est une compétence des communes. Pour exercer leurs prérogatives, celles-ci se sont rapidement regroupées en de multiples syndicats primaires et ont concédé la production et la distribution de l’énergie électrique à des sociétés privées.

En 1906, la loi codifie cet usage et crée le Service Public de distribution de l’énergie Electrique.

À la Libération, les communes se sont vues confier les travaux de premier établissement, d’extension ou de renforcement des ouvrages de distribution d’énergie électrique. Parallèlement, les milliers d’entreprises concessionnaire sont nationalisées et regroupées : Electricité de France (EDF) est créée.

Pour présenter un front uni à ce nouveau concessionnaire puissant et organisé, et exercer réellement leurs prérogatives, les communes doivent plus que jamais, s’unir, coordonner leurs efforts et partager leurs expériences.

Le 30 décembre 1946, la plupart des syndicats primaires d’électricité se regroupent et créent une structure à l’échelle du département : le Syndicat Intercommunal d’Electricité de la Nièvre (SIEN).


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